Mon coeur à vif

Lilia Espérance

Brasier

 

J’attends que la grêle tombe

Sur le brasier

Qui chaque nuit gronde

Au creux de mes pensées.

 

Pourquoi les gens vivent-ils comme ils courent ?

Moi, j’aime comme ils meurent,

Moi, je respire comme ils se blessent,

Comment les gens cachent-ils leurs faiblesses ?

J’ai le cœur calciné,

Comment les gens s’enflamment-ils sans se brûler ?

 

J’attends le jour qui éteindra

Les pensées qui consument mon espoir,

Comme une cendre rouge et noire,

Alimentée par mes cauchemars,

J’attends que la neige recouvre

De sa blancheur immaculée

L’enfer que je couve

Sous mes sages pensées.

 

De mon plus bel aveu,

J’attends le jour qui éteindra le feu

Qui me rend folle d’être en vie

Et immole chaque rêve que je fais.

 

Comme une cendre rouge et bleue,

J’attends le jour qui m’éteindra,

Que la flamme de ma vie reste intacte

Mais que s’endorme à tout jamais

Le brasier qui me traque.