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Mon coeur à vif |
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Lilia Espérance |

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Mon cerveau
Mon cerveau est un parchemin, Incendié de mots inhumains, Le réduire en cendres, je voudrais bien Mais mon cerveau jamais ne s’éteint.
Mon cerveau est un silex Qui taille dans le papier Mais pensées les plus complexes, Mes douleurs les plus abjectes.
Mon cerveau est un bolide incontrôlable Qui file à toute allure, Je me sens sur un siège éjectable Et pourtant la course dure.
Mon cerveau est un objet non identifié Qui laisse perplexe ceux qui osent l’approcher, Mon cerveau ne cesse de me complexer, Il est trop grand, trop déglingué. . Qu’on ôte la tumeur Qui empêche son fonctionnement normal, Qu’on calme ses ardeurs Qui contrarient ma vie idéale.
Qu’on le maîtrise, qu’on le matraque, Qu’on isole ce qui le détraque, Qu’on injecte dans ses failles Un sérum réparateur.
Qu’on le réduise de taille, Qu’on lui apprenne à ne plus avoir peur, Qu’il ne soit plus pour moi source de danger, Qu’il ne soit plus pour moi source de regrets.
Et qu’on arrondisse ses angles Pour qu’il cesse de sculpter Ma douleur dans la beauté du monde, Ma douleur dans ton regard bleuté.
Et puis, enfin, qu’on l’écrase sur le papier Pour en faire un objet de musée Et que les gens puissent admirer Les mots qui rendent mon air vicié.
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