Mon coeur à vif

Lilia Espérance

Et s’il n’y avait pas de fin ?

 

A quoi ça sert de rêver

Si ça ne peut rien changer ?

A quoi ça sert de t’aimer

Si rien ne peut te toucher ?

Mais à quoi ça sert de mourir

Si on n’est pas sûr de tout quitter ?

 

Et si là-bas, je restais attachée

Aux choses qui ici m’ont tant tourmentée,

Et si mourir ne pouvait rien apaiser ?

 

A quoi ça sert de désirer

Si on n’est jamais satisfait ?

A quoi ça sert de s’enivrer

Si on ne parvient pas à s’envoler ?

Et si la mort n’était pas une solution ?

Et si là-bas n’était pas mieux qu’ici ?

Et s’il n’y avait pas de fin à l’horizon

Que ferais-je de mes idées grises ?

 

A quoi bon toutes ces questions

Puisque les réponses jamais ne viendront ?

Mais dans l’antre de mon cœur,

J’aperçois une lueur :

Si mourir n’est pas fuir,

A quoi bon attendre mon heure ?

Si mourir n’est pas guérir,

Alors, dès à présent, j’apprivoiserai ma douleur.