Mon coeur à vif

Lilia Espérance

Je ne puis qu’écrire

 

Je m’efface, je tombe,

Il m’enlace, je m’effondre,

Tu m’embrasses, quelle hécatombe,

Je ne puis faire face à la douleur du monde.

 

Pas d’amour, pas de colère,

Tout m’angoisse, tout m’ulcère,

Je me tasse, je m’enterre,

Je ne puis porter à bout de bras la Terre.

 

Laisser une trace

Telle une traînée de poussière d’or,

Quand la comète passe,

Un sillon immortalise son effort.

 

Je ne demande pas que tu me consoles,

Aucun mot ne peut guérir mon envol,

Loin de la terre, je me suis réfugiée

Et je regarde le monde, terrorisée.

 

A travers mes yeux qui ont connu tant de drames,

J’écris ce que je sais, ce qui m’enflamme,

 Ma main qui s’agite est l’unique organe

Qui puisse transmettre au monde les battements de mon âme.

 

Je me glace, il me menace,

Tu ressasses ce qui te tracasse,

Chacun enfermé dans ses peurs, dans sa galère

Transperce le monde de sa colère.

 

Et moi, de ma main fragile,

Je tisse entre nous

Quelques mots comme des rendez-vous,

Des arcs-en-ciel, des ponts d’argiles

Pour supporter la vie qui nous abîme.