Mon coeur à vif

Lilia Espérance

Le piège

 

Tu es arrivé comme un mensonge,

Le bleu de tes yeux dissimulant les ronces

Que, déjà, tu sculptais dans mon cœur,

Ton regard…quel joli leurre.

 

La nature est bien plus honnête,

Le tonnerre prévient quand la foudre va tomber,

L’animal menace avant de tuer,

Les étoiles tremblent avant d’exploser.

 

Comme un météorite déguisé en comète,

Tu t’es posé sur ma planète,

Explosant tout sur ton passage

Et je me suis laissée prendre au mirage.

 

Tes paroles masquant le grondement du tonnerre,

Ma méfiance s’est agenouillée,

Croyant en toi la clarté reconnaître,

Je me suis laissée aveuglée.

 

Le son de ta voix étouffant celui des bombes

Qui, déjà, détruisaient mon enfance,

Qui, déjà, enfantaient mon errance,

J’ai laissé grandir les ronces

Qui, déjà, sculptent ma mort.