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Mon coeur à vif |
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Lilia Espérance |

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Malade
Quand la douleur m’assaille, Je ne suis plus qu’un corps qui tressaille, La défaillance est de taille, Je ne suis plus qu’une chair qui a mal.
Le colosse s’effondre Sous la douleur qui gronde, Ses pieds d’argile s’effritent, Quand j’ai mal, je me quitte.
Mon âme va s’égarer Là où je ne peux la trouver, Je ne suis plus qu’un petit animal qui se tord, Je ne suis plus que l’écho de mon corps.
Quand la douleur m’assaille, Je ne suis pas de taille, J’ai peur, je pleure, j’implore, Mon courage s’évapore.
Quand la douleur gronde, Je vois mon âme fondre, Je ne suis plus qu’une ombre qui attend Qu’on la libère de ses tourments.
Et je contemple toutes ces pilules Aux couleurs de l’arc-en-ciel, Je sais que si j’en avale une, Ma douleur se fera la belle.
Alors j’abuse de médicaments, Même si je le regrette après, Mais quand mon corps se détend, Je retrouve celle que j’étais.
Quand la douleur s’en va, Même si ce n’est pas pour longtemps, Le soulagement est si grand Que je dévore la vie avec joie. |