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Mon coeur à vif |
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Lilia Espérance |

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Lorsque la mer se retirera
Lorsque la mer se retirera, Lorsque mon père me reviendra, Lorsque le ciel s’illuminera Pour m’accueillir dans ses bras, Lorsque la peur m’abandonnera, Lorsque mon cœur n’aura plus froid, Lorsque la nuit recouvrira de son manteau Les coquillages, les couteaux, Lorsque mon âme tombera à l’eau Rejoindre les étoiles de mer, Redevenir poussière, Lorsque la vie sera lasse De ses marées hautes, de ses marées basses, Le ciel deviendra son transat.
Alors, j’oublierai tout, J’oublierai qui j’ai été, Ce qui m’a torturé, J’oublierai les crabes que j’ai croisés, Les lambeaux de chair qu’ils m’ont arrachés, J’oublierai la plage sur laquelle je me suis débattue, J’oublierai ces choses qui comme des trésors sont apparues, Que j’ai ramassées, entassées, J’oublierai toutes ces choses que je n’ai jamais voulu quitter, J’oublierai celui que j’ai tant aimé, J’oublierai tout ce qui m’a blessé, Lorsque mon temps sera écoulé, La mort comme une marée Viendra tout emporter.
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