Mon coeur à vif

Lilia Espérance

Le monde

 

Qu’il est triste le monde

Avec sa gueule immonde

Qui crache des bombes

Qui lacèrent nos corps

Comme des boulettes de papier,

Quel triste décor

Où fleurissent nos idées.

 

Qu’il est triste le monde

Avec sa gueule de carnassier

Qui brûle nos glaciers,

Qui brûle ma gaieté,

Quel joli tas de cendres

Où baignent nos idées.

 

Mais que j’ai pitié de ce monde

Qui attend dans l’ombre

Celui qui lui donnera

Un nouveau visage,

Comme je voudrais être celle qui comblera

Les sillons de notre passage.

 

Qu’il est triste le monde

Qui nous sert de tombe,

Quel joli bain de sang

Où trempent nos idées,

Mais que j’ai pitié de ce monde

Qui attend dans l’ombre

L’idée qui le fera germer.