Mon coeur à vif

Lilia Espérance

Noirceur

 

Les corbeaux ont emporté mon cœur,

Un seigneur barbare y a élu sa demeure,

Le rideau noir est tombé de bonne heure

Sur l’épitaphe de mon bonheur.

 

Le prince noir ne posera plus sur ma vie d’ébène

Son regard, son mépris ou sa haine,

Son soleil noir a brûlé mon éden,

Comme un joyau, je porte mon oedème.

 

Il a tout fait pour que je l’oublie,

Je ferai tout pour qu’il se souvienne,

Mon amour crépusculaire demeure en vie

Malgré ses stratagèmes.

 

Son corbillard était trop petit

Pour enfermer mon cœur dedans,

J’irai déchirer les barbelés de sa nuit

Pour lui offrir mon cœur en sang.