Mon coeur à vif

Lilia Espérance

Le paon

 

La roue du paon s’est refermée,

Plus jamais personne ne verra

Le noir, le vert et le doré

Qui lui donnaient son aura.

 

Il est devenu un oiseau comme les autres,

Le pharaon est devenu vivant,

Il s’éteindra un jour ou l’autre,

Aux yeux du monde, il n’y aura là rien d’étonnant.

 

Mais pour toi qui te sens paon,

Rêves éternels contraints à l’éphémère,

La mort n’a rien d’insignifiant,

Elle est pour toi une étrangère.

 

Tu voudrais que le monde le comprenne

Mais, à ses yeux, tu n’es qu’un membre de l’espèce humaine.

Sans compassion, il te regardera partir

Comme un moineau qui n’a pas su survivre.