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Mon coeur à vif |
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Lilia Espérance |

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Le temps
Le temps passe et fait son chemin, Parfois le temps soigne et guérit les chagrins, Le temps passe et fait son boulot, Parfois le temps marque au fer rouge certains visages, certains mots.
Rien ne vaut le pouvoir magique du temps Mais rien ne peut l’empêcher de passer, Le temps opère en nous comme une machine indestructible Sur laquelle nos désirs n’ont pas de prise.
Je voudrais être immortelle, je voudrais oublier Mais le temps s’inscrit dans ma chair martyrisée, Le temps est assassin, le temps est éphémère, Parfois il traîne avec lui les blessures d’hier.
Le temps passe et fait son boulot, Il ne connaît pas de jour de repos, On attend toujours de lui un pouvoir cicatrisant, J’attends toujours depuis mais je n’ai pas le temps.
Je voudrais lui dire qu’il se dépêche, Que j’ai grandi depuis et que je ne me sens pas mieux Que lorsque petite j’avais peur de la nuit. La roue tourne, dit-on, mais parfois elle vous oublie.
Le temps fait ce qu’il peut, Il fait son boulot mais parfois il le fait mal Et, au lieu d’effacer, ravive le passé Et fait regretter jusqu’au fait d’être né.
Le temps opère en nous comme une machine indestructible Mais, pour moi, il ne coule pas de la même manière, Le temps aurait dû emporter ma douleur indicible Mais il a préféré la graver dans ma chair.
Le temps aurait dû chasser les démons d’hier, Il aurait dû diluer le caillot qui me serre, Il aurait dû rendre mes peurs invisibles Mais il a préféré les rendre invincibles.
Le temps aurait dû stopper l’hémorragie Qui emporte mes rêves au loin, Le temps m’a piégée, le temps m’a trahie, Il a conservé tous mes chagrins.
Je crois que mon temps est un peu malade, Il accumule, il ne jette rien Et moi qui attendais de lui qu’il me soigne, Je crois que je peux attendre en vain.
Le temps passe quand on ne le regarde pas Mais parce que mes yeux sont restés fixés sur toi, Le temps s’est arrêté un jour d’hiver Et depuis, pour moi, il tourne à l’envers.
Seul mon corps subit les étreintes du temps Car il se rappelle chaque nuit où je n’ai pas dormi, Seul mon corps me rappelle que je n’ai qu’une seule vie Et qu’il serait temps que je regarde droit devant.
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